Les 3èmes D et B visitent le Mémorial de Rivesaltes
Rivesaltes ou la notion d’indésirable
Le 13 décembre 2024, nous, les élèves de 3ème D accompagnés des élèves de 3ème B du collège François Mitterrand de Clapiers, sommes allés au mémorial d’un des rares camps encore debout de concentration à Rivesaltes, une ville située à 10 minutes de Perpignan.
Là-bas, nous avons pu apprendre de nombreuses choses sur l’histoire du camp qui est intimement lié à la notion d’indésirable dans le monde. Pour commencer il est important de poser les bases historiques de ce camp.
Le camp de Rivesaltes a traversé trois grandes périodes historiques. A la base, le camp a été créé en tant que base militaire à cause de ses conditions climatiques extrêmes (chaleur en été et vent glacial en hiver). Mais il a été ensuite utilisé en tant que camp de concentration lors de trois grandes périodes :
-Tout d’abord lors de la guerre d’Espagne qui opposait les Franquistes suivant le général Franco voulant prendre le pouvoir par un coup d’État et les républicains fuyant le pays majoritairement vers la France. Une fois les républicains arrivés en France, on les concentra sur les plages, puis, dans les camps alentours, dont celui de Rivesaltes.
-Ensuite le camp fut utilisé pour la Second Guerre mondial, où on y enferma les juifs sous le régime de Vichy. Trois convois de 2000 juifs quittèrent Rivesaltes pour se rendre vers les camps d’extermination. Très peu de personnes survécurent et les seuls qui s’en sortir furent ceux qui sautèrent des trains.
-Le camp servit ensuite, lors de la guerre d’indépendance d’Algérie. On y enferma les Harkis, c'est-à-dire les Algériens qui combattirent aux côtés de la France lors de la Guerre. Après la victoire des Algériens, les Hakis furent considérés comme des traîtres et fuirent le pays pour aller en France, où ils furent enfermés.
Le camps de Rivesaltes servi enfin jusqu’à 2007, où on y enferma les indésirables de la société qui sont actuellement les sans-papier. Le camp fut ensuite déplacé vers une zone près de l’aéroport de Perpignan. Un dixième du camp servit à créer le mémorial, le reste fut occupé de nouveau par des militaires comme ce qui était prévu à la base.
Le mémorial est un bâtiment à l’architecture assez particulière réalisée par Rudy Ricciotti, le bâtiment est à moitié sous terre ce qui donne l’impression d’être sous le sol, dans un endroit hors du temps. Le bâtiment est fait exprès pour nous perdre et nous donne cette impression d’être dans un lieu qui mérite le respect du fait de sa résonance. Dedans se situent deux expos différentes.
Tout d’abord il y a a l’expo permanente retraçant l’ensemble de l’histoire du camp, mais surtout, des témoignages de personnes qui passèrent par ce camp, ce qui permet de se faire une idée de ce qu'était la vie dans ce camp, surtout du point de vu de personnes l’ayant vécu. La deuxième expo est temporaire est donc changée tous les six mois.
L’expo temporaire actuelle retrace l’histoire des nomades, des gens de la route. Elle nous montre certaines lois, photos, journaux et témoignages qui nous permettent de mieux comprendre la notion de “qu’est ce qu’un nomade?”, toujours en lien avec cette notion d’indésirable.
Même s' il reste peu de chose de ce camp car il a été longtemps abandonné, un dixième de celui-ci est visible et se déploie autour du mémorial qui est tout de même en retrait du fait qu’il est quasi souterrain (le reste du camp est détruit ou est pour l'armée). Nous avons visité cette partie de l’ancien camp. Aujourd’hui il reste de cette partie camp seulement quelques “baraques” qui étaient de petites habitations où les “indésirables” vivaient, ainsi que des latrines, qui étaient des sortes des toilettes plus rudimentaires et qui supprimaient l’intimité. À la place du mémorial se situait la place rassemblant les militaires, ce qui explique la position centrale du mémorial. Cette visite à la périphérie du mémorial nous a permis de mieux nous rendre compte de la taille ridicule des baraques et du manque d’hygiène évident dans le camp ainsi que de ses conditions climatiques désagréables.
L’après-midi nous avons pu en apprendre davantage sur Bartoli, un républicain ayant fui l'Espagne lors de la guerre civile pour tenter de se réfugier en France, sauf qu’il fut dans un premier temps mis sur les plages puis déporté vers des camps notamment autour de Rivesaltes. C’était un dessinateur et, à travers ses dessins que nous avons analysés, nous avons pu appréhender d’une manière différente la notion d'indésirable et de la guerre civile espagnole. Bartoli a fait de nombreuses caricatures mais le plus touchant dans ses dessins c’est qu’il montre ce qu’est un indésirable du point de vue de quelqu’un qui a été jugé comme tel et qui a vécu la guerre.
Nous avons fait 2h30 de bus afin de nous rendre dans ce camp où nous avons partagé un pique-nique en extérieur. Je souhaite surtout remercier l’équipe enseignante, Mme.Duffault, M.Fourcade, Mme. Zaragoza et Mme. Ceccaldi, de nous avoir accompagnés, ainsi que tout le personnel qui a pris le temps de nous recevoir et qui nous a laissé cette opportunité unique.
Pour conclure, Rivesaltes est lieu important ayant traversé cette fameuse notion d’indésirables à travers l’Histoire, ce qui en fait un patrimoine culturel intéressant et riche.
Elwan Augoyard, élève de 3ème D